Les mecs relous

Par 18:00

Un besoin extrêmement fort d'écrire ce qu'il m'est arrivé la semaine dernière s'est emparé de moi. Ce billet va -encore- être placé sous le signe du racontage de vie, désolée je sais bien qu'elle n'est pas très palpitante (mais je continue d'espérer qu'elle vous intéresse tout de même)

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Mercredi dernier je devais rentrer dans mon petit village natal pour un rendez-vous avec ma banquière (palpitante ma vie vous disais-je). J'ai donc pris le tram, qui s'arrêtait à cinq petites minutes à pied de la gare pour prendre un train. En descendant du tram c'est un peu pressée que j'ai marché vers la gare. Je marche, je marche, j'esquive les crottes de chien, je marche, je traverse, je passe devant un salon de thé, des bars, une agence immobilière, je marche encore jusqu'à apercevoir la gare. A peine j'ai eu le temps de me dire que j'étais presque arrivée que quelqu'un m'interpelle.
Voici notre échange.
"- ljdjlfn (j'ai pas compris à vrai dire)
- Pardon ?
- Une clope. T'as pas une clope ?
- Non désolée.
- Tu fumes pas ?
- Non.
- Ca se voit en plus. (dans ce cas là pourquoi tu m'en demandes une ?)
je continue de marcher
- T'es jolie.
- Merci.
j'avance toujours
- T'es pressée ?
- Oui j'ai un train à prendre.
- Tu vas où ?
- Je rentre chez moi.
- T'habites où ?
- Ahah.
je marche encore
- T'es grave belle.
- Merci.
- Tu veux pas discuter.
- Non je dois prendre mon train.
- Tu veux que je t'accompagne ?
- Non désolée."

Après cet échange je me suis empressée de rejoindre la gare et d'acheter mon billet. Manque de bol, la machine sur laquelle je m'acharnais pour acheter le précieux ticket était pile dans le champs de vision de l'illustre inconnu qui m'avait parlé quelques minutes plus tôt. Intérieurement je jurais contre la machine pour qu'elle aille plus vite, pour que je puisse fuir loin de lui le plus vite possible. C'est mon billet en main que je suis rentrée dans la gare du monde, enfin pour le semer au cas où il m’ait vue. Il n'était pas derrière moi, ouf. Je cherche les militaires des yeux en me rendant sur mon quai bordel ils sont où si il m'arrive un truc, si il me retrouve ? Les dix minutes que j'ai passées à attendre mon train sur le quai m'ont paru être une éternité. Heureusement il est passé à autre chose, il a trouvé sa clope et ne m'a pas suivie.

Tout le long du trajet je me suis demandé ce que j'avais fais de mal. Je me suis même demandé si c'était ma tenue qui n'allait pas ou mon attitude. Que putain merde je n'aurai pas eu ma bombe au poivre sur moi si jamais c'était allé plus loin. Que ça aurait pu aller plus loin. Et si il m'avait suivie ? Il aurait été capable de monter dans le train avec moi, vu son air déterminé quand il m'a proposé de m'accompagner.
Ce garçon n'a rien fait de mal techniquement. Il a insisté quand je lui ai dis non la première fois et il m'a sacrément fait flipper. Rien que ça c'est suffisant. Non c'est non.
Et moi, comme une idiote qui lui dis 'désolée'. Mais quoi ?! A la seconde où j'ai prononcé ce mot je l'ai regretté. Pourquoi je dois m'excuser de refuser ces avances ? C'est mon droit et il avait l'obligation de le respecter. Point. C'est même lui qui aurait dû être désolée d'insister et de pénétrer dans ma bulle (je ne supporte pas quand quelqu'un rentre dans ma bulle sans y être autorisé et clairement il ne l'était pas)
Meilleur copain du monde ("Gré"=Grenoble et mon mec ne sait pas écrire 'gazeuse')
Le trajet s'est déroulé sans aucun problème. Le train arrive à ma destination, je descends et marche sur le quai pour rejoindre les escaliers. Un bruit m'a interpellée. Je tourne la tête et vois deux garçons, assis dans le train, taper sur la vitre de ce dernier pour m'interpeller (j'étais la seule sur le quai donc forcément c'était pour bibi). Ils m'ont fait signe des mains quand je me suis arrêté pour voir leur visages, des fois que ce soit des personnes que je connaissais. Évidemment je ne les connaissais pas. Je vous laisse imaginer à quel point j'ai eu l'impression d'être à la fois un bout de viande et un de ces animaux au zoo enfermé derrière une vitre sur laquelle on tape sans cesse pour les attirer.
C'est quoi le problème ? En l'espace de 45 minutes je me fais accoster deux fois.  Ce n'est pas la première fois que ça arrive. Même si ce n'est pas arrivé souvent c'était juste 't'es jolie mademoiselle' ou 'mon pote aimerait ton numéro' et ça s'arrêtait là. Une fois dans le train (toujours le train) j'étais assise sur une banquette arrondie et un groupe de garçon est arrivé, la moitié d'entre eux se sont assis sur la banquette d'en face et l'autre moitié sur celle où j'étais assise. Un d'eux m'a parlé, gentiment, il m'a juste demandé ce que je lisais et à fait des blagues sur mon bouquin avant de se taire de lui même pour me laisser lire. J'entendais un de ceux d'en face dire à son pote de me demander mon numéro, ce qu'il n'a pas fait. Ils n'ont pas été insistants, ils m'ont respectée et ne m'ont pas dérangée. (je leur ai même fait coucou en partant)
Là j'ai vraiment été traitée comme un objet. Merci les gars, dommage que vous ne soyez pas allé plus loin sinon j'aurais pu vous présenter mes copains age-tsuki et mae-hiza-geri (c'est une blague, ne m'approchez plus, foutez moi la paix svp)

Je sais que bien pire arrive à d'autres. Mais quand ça te tombe dessus tu flippes, t'imagines les pires scénarios dans ta tête quand tu vois que cet inconnu qui t'abordes te colle comme une sangsue. Au début j'ai pensé que c'était ma tenue, moi qui tiens absolument à défendre mes droits de femme et qui affirme qu'en tant que femme libre je peux porter ce que je veux. Jusqu'à ce que je vois mon reflet. Je n'ai toujours pas compris ce qu'il s'est passé, ce qui les a attiré, parce que pour être franche, niveau look j'ai fais mille fois mieux.  Ce n'est pas de ma faute, ce n'est pas ma tenue, ce n'est pas moi, c'est eux. Mais bon, je suis toujours là et ma gazeuse est bien au chaud dans mon sac ce coup ci.

Tenez bon les filles,
(c'est fou mais dès qu'on se rapproche des gares la concentration en mecs relous augmente)

Poutous partout,

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