Vis ma vie de dépressive

Par 18:00

Ceci n'est pas un article qui respire la joie de vivre, loin de là.
Ce n'est pas dans le but de me plaindre que j'écris celui ci, ni dans celui de vous apitoyer.

La dépression, on en a tous déjà entendu parler. Surtout que ces dernières années les médias en parlent de plus en plus et un certain voile tombe. Malgré ceci, j'ai l'impression que l'on ne dit pas tout.
A la télé on nous montre des gens qui prennent ou ont pris des médicaments et ont vu un psy et POUF ils sont trop happy.
Ca ne fonctionne pas comme ça.

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Premièrement, accepter d'être malade est un long chemin. Oui, la dépression est considérée comme une maladie. Au début on refuse d'être catalogué comme "malade", ça fait peur. Tu te dis que tu n'es pas normal, qu'il y a un truc qui ne tourne pas rond dans ta tête, que t'es fou.
Même le mot dépression fait peur. Parce que justement on en entend que tu mal à la télé. Puis on se demande ce que les autres peuvent en penser. Est-ce qu'ils savent que je suis malade ? C'est pour ça qu'ils me regardent comme ça ?
Après avoir accepté que l'on est malade, il faut ensuite accepter un processus de guérison. Dit comme ça, c'est simple. Figurez vous que ça ne l'est pas. Sinon il n'y aurait pas autant de personnes souffrant de dépression. Alors oui, quand t'est dépressif tu veux guérir, tu aimerais beaucoup guérir mais il y un truc dans ta tête qui t'en empêche.

Ce truc dans ta tête, il t'accompagne tout le temps. Il est toujours là. Des fois il se tait et tout va en apparence bien. D'autres fois c'est le bordel.
Il y a des jours où tu te lèves et tout va bien. Puis il suffit d'un événement, d'un mot de travers, d'une cause de stress ou encore d'une petite pensée négative pour tout foutre en l'air. Et à partir de là on ne peut pas faire grand chose. Mis à part attendre. Attendre quoi ? Que l'on se calme, que ça aille mieux tout seul. Personnellement je finis par m'endormir.
Petit truc: ce n'est pas parce qu'on est dépressif que l'on ne sourit jamais. Certaines personnes ne montrent jamais leur dépression, elles font semblant. Rien ne nous empêche d'être heureux de temps en temps, oui oui. Sauf que tu finis vite par te prendre une claque qui te rappelle que le bonheur c'est pas pour toi apparemment.

La dépression, c'est aussi beaucoup incompréhension. Tes proches comprennent pas ou peu, les gens te traitent de fou/folle et tu vis avec cette incompréhension. C'est très difficile. Parce que quand tu veux te tourner vers quelqu'un pour parler un peut de ce qu'il t'arrive, de comment tu te sens, de ton état quoi, tu ne peux pas parce qu'il ou elle va finir par te dire cette fameuse phrase "ça va aller". Cette phrase on l'entend tout les jours. Et à la longue c'est barbant.
Il y a aussi la solitude, renforcée par l'incompréhension. Tu t'enfermes sur toi même, déjà parce que l'on ne te comprend pas, parce que tu vois bien que tu soules le monde. Tu finis par avoir peur de sortir, de voir du monde, de parler. Au final j'ai perdu beaucoup d'ami(e)s. Mes relations sociales sont en chute libre. Parce que c'est compliqué de s'occuper de garder contact quand il faut que tu t'occupes à fond de toi.

Justement, il y a aussi cet aspect. La plus grande partie de ton temps est consacrée à ta propre personne. Et surtout à se reposer. Tu essayes tant bien que mal de te 'soigner' ou de t'occuper de manière à ne pas fondre en larmes à chaque instant.
Ah oui. La bombe à retardement. Il y a des passages où tu fais que pleurer. Arrive un moment où même toi tu ne sais pas pourquoi. Un rien te bouleverse. Imaginez donc la cata pour les gens autour.

Il y a aussi un truc qu'il faut se dire: c'est chiant. On se fait chier. A partir du moment où l'envie et la volonté de faire quoi que ce soit disparaissent, tu t'occupes comme tu peux. Dormir est assez efficace pour faire passer le temps, passer son temps sur l'ordi aussi. Il y a des fois où le seul truc que t'as envie de faire c'est d'attendre que le temps passe. Passionnant hein ?
Souvent on a envie d'abandonner. Mais on continue parce qu'on se dit que peut être que ça va s'arranger un jour, sans réel espoir.

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Enfin, c'est difficile de parler de sa dépression, tout comme de la reconnaitre. On a peur du regard et du jugement des autres. Pour mon cas, même si j'ai écris plusieurs articles sur mon malêtre ici, ça reste très dur d'en parler, j'ai pleurer beaucoup de fois en les écrivant et hésiter longtemps avant de cliquer sur publier. Il y a certaines personnes avec qui c'est plus facile de parler mais il y a aussi des personnes qui nous déçoivent sur ce plan là.

Pour moi, il m'a fallut des années avant d'accepter le fait d'être malade. J'ai fait un énorme pas en allant voir mon médecin qui m'a prescrit des médicaments qui m'ont rendu malade. Depuis j'ai encore plus peur de retourner voir quelqu'un. La seule personne qui est au courant de tout ce qu'il se passe dans ma tête c'est mon copain et même lui ne comprend pas (d’ailleurs ça pèse beaucoup sur notre couple).

A toutes les personnes qui sont dans mon cas: courage. Soyez forts.


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10 commentaires

  1. C'est difficile. Je pense que c'est un grand pas, de reconnaître que ça ne va pas.
    Je pense que beaucoup de gens vont mal, et ne s'en rendent même pas compte.
    Ca va peut-être paraître déplacé ce que je vais dire, mais dans une certaine mesure (et j'appuie bien ce terme, j'ai bien conscience que c'est loin d'être toujours aussi simple) on a plus de chance de guérir quand on se rend compte que ça ne va pas, on peut prendre la décision de faire quelque chose pour aller mieux.

    Je suppose que je radote (c'est l'âge :p) je ne peux parler que d'après mon expérience... je ne peux que te conseiller de trouver quelqu'un avec qui tu te sentes bien, pour parler.
    D'ailleurs, j'ai une amie qui se fait ses propres idées sur les différentes thérapies qui existent (il y en a beaucoup, en fait!) pour suivre la voie qui lui convient.
    Mais le plus important, surtout surtout, c'est que tu te sentes bien avec la personne, et que tu sois en accord avec les idées qu'elle te propose!

    Après, c'est à toi de prendre les décisions qui te conviennent. Tu es la mieux placée pour savoir ce dont tu as besoin, alors j'ai confiance :-)

    Tu as tout mon soutien!!
    En ce moment je suis pas mal fatiguée, mais je devrais pouvoir me reposer les jours qui viennent, alors si tu as besoin, n'hésite pas :-)

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    1. Je pense aussi.
      Ce n'est pas déplacé je trouve vu que je suis d'accord avec toi :)

      J'attends toujours cette personne, autre que Jordan parce que le pauvre ça le pèse. (mais c'est avec lui que j'aime le mieux parler et surtout avec qui je me sens bien quand je parle)
      C'est une belle initiative, j'espère qu'elle trouvera !

      Ahah merci :)

      Merci beaucoup ! Tu es trop gentille ♥♥

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  2. Mon copain a testé quelques médicaments avant de trouver celui qui lui convenait vraiment. C'est long, c'est dur, mais ne te décourage pas ! Aujourd'hui ça lui fait beaucoup de bien. On le sait parce que quand il l'oublie une ou deux fois sur la semaine, on le sent.

    Je ne vais pas te dire que je sais ce que c'est la dépression, parce que ce n'est pas le cas. Je peux juste l'imaginer. J'ai vécu en 'état dépressif' durant deux ans (je ne sais pas si ça existe vraiment, c'est mon psy qui l'a qualifié ainsi), je pleurais tous les jours et je cherchais à me faire écraser par des voitures. Sans que personne n'en ait la moindre idée. J'appelais ça "porter un masque". Je ne montrais mon état à personne. Voilà pourquoi je ne sais pas, mais que je l'imagine assez bien.

    Pour mon copain, la plupart des membres de sa famille et de ses amis sont au courant. Ça leur permet de mieux comprendre certaines de ses réactions et aussi de mieux veiller sur lui.

    S'il y a des personnes dans ta famille sur lesquelles tu peux compter, en qui tu as confiance, est-ce que tu penses que ça te soulagerait un peu de leur en parler ? Ou, comme tu en parlais dans ton article, tu ne crains qu'ils te disent que tu es folle ? (ce que tu n'es pas, rassures-toi :) )

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    1. Mon médecin m'a aussi prescrit des médicaments qui ont eu pour seul effet de me rendre malade... Maintenant j'en suis dégoutée.
      Je suis contente que ton copain ai trouvé quelque chose qui lui convient sachant ce que c'est je lui souhaite que ça :)

      Tu dois quand même avoir une idée assez proche de la vérité. Surtout si ton copain le vis. Tout ce dont tu parles je le connais tellement bien. J'espère que tu vas mieux maintenant et que tu es heureuse (et pour ton copain aussi)

      Si, il y a des personnes en qui je peux avoir confiance comme ma grand mère maternelle mais j'ai trop peur de leur réaction, j'ai pas envie de les inquiéter ou de leur créer des soucis. Oui j'ai aussi peur qu'ils pensent que je suis folle, j'en ai parlé rapidement avec ma mère et elle m'a dit elle aussi que non.

      Merci pour ton commentaire (et les autres aussi) ça me touche beaucoup :)

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    2. Je n'osais pas en parler à ma famille non plus. Quand je leur ai dit que je voyais un psy, la réaction de mes grand-parents a été "Mais c'est les fous qui vont chez le psy !" alors qu'ils voyaient bien que ça me faisait énormément de bien ces séances. Bon, à côté de ça, c'est eux qui me les payaient, donc ils me soutenaient malgré tout sans vraiment savoir pourquoi j'en avais besoin. Mon père est au courant aussi mais ne comprends pas la raison. Je n'ai pas une famille très compréhensive niveau mal-être psychique. Il n'y a que mon arrière-grand-mère dont j'étais très proche qui me disait "Mais tu peux arrêter d'aller chez le psy, moi je ferais ta psy si tu veux !" :)

      Une autre chose qui a pas mal fonctionné pour moi c'est de voir une sophro-thérapeute. Ce n'est pas vraiment la même chose qu'un psy, elle elle s'occupait plus de guérir l'enfant que j'étais et qui a souffert via de la relaxation. Elle peut aider les problèmes d'addiction aussi par exemple. Je ne sais pas si ça pourrait t'aider mais je t'en parle quand même, on ne sait jamais.

      Je vois toujours mon psy par contre (même si on arrive tout doucement au bout du chemin). J'ai eu la chance de tomber sur un psy avec qui j'ai accroché dès le début. Si jamais tu comptes aller en voir un un jour, ne te décourage pas si ça ne passe pas tout de suite avec le(s) premier(s) que tu vois. :)

      L'une des choses les plus durs, je trouve, c'est de ne pas se fustiger quand on va mal. Dans mes états "lucides" j'étais clairement consciente que je me rendais malade pour un rien, que je me rabaissais et que je me morfondais quand j'étais "non-lucide". (Je ne sais pas si c'est très clair ce que je raconte).

      J'espère que tu ne baisseras pas les bras, tu ne vis pas quelque chose de facile et il faut beaucoup de courage pour en sortir. Beaucoup de volonté et de force intérieure. Pouvoir en parler, même sur ton blog, est déjà un grand pas. ♥

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    3. C'est de ce genre de ce réactions que j'ai peur... C'est trop mignon ce que t'as dis ton arrière grand mère ! Ca n'a pas été trop difficile de t'en sortir malgré l’incompréhension de tes proches ?

      Ma mère à eu affaire à une sophrologue et ça l'a aidé aussi. Guérir l'enfant en moi, ce serait une bonne chose d'ailleurs. Ensuite je pense que je commencerai à voir un psy avant d'aller vers d'autres gens, quand je me sentirai prête d'y aller.

      Ca aussi ça me fait flipper, j'ai peur de me retrouver avec un tyran ou quelqu'un qui ne me comprend pas. Je retiens ton conseil :)

      Pareil. Quand je vais bien je déteste la moi qui est mal et qui fait toujours tout foirer. Par contre quand je suis mal, là j'en ai plus rien à faire.

      Merci beaucoup, merci pour ta compréhension et tes gentils commentaires qui me font chaud au cœur. Bravo à toi pour avoir traversé une épreuve similaire. Merci ♥

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    4. Au début j'ai plutôt mal pris leurs remarques comme quoi "les psys c'est pour les fous" alors que pas du tout. Et puis j'ai pris du recul, en me disant que c'est ce qu'on leur a appris pendant des années. Aujourd'hui, pour notre génération, c'est tellement courant de voir des psys qu'on a une toute autre vision de la chose, qui n'est pas forcément celle des générations antérieures. Pour eux le principal c'est encore que je me sente bien maintenant :)

      De rien ! ♥

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    5. Tu me rassures beaucoup en me disant ça :) J'espère réussir à franchir le pas et aller (enfin!) voir un psy.
      C'est toujours le principal ça :)

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