« Si ils ne faisaient que se moquer c'était bien ... »

Par 12:10

Photo Le Monde
Il y a deux ou trois semaines j'ai vu un reportage à la télé qui m'a beaucoup touchée.
Ce soir là on a mangé sur le canapé, devant France 2, devant le 20h. Chose que l'on ne fait JAMAIS. Souvent les JT se clôturent sur des reportages ou témoignages pour détendre un peu le téléspectateur après lui avoir bourré le crâne d'images de guerre et de mensonges politiques. Ce dont je vais vous parler aujourd'hui n'a aucunement sa place à la fin d'un journal pour changer les idées des gens. Ce genre de reportage c'est ce dont on devrait parler tout le temps, à tout le monde, sans prendre de pincettes.

Je ne fais pas plus durer le suspens, ce soir là sur France 2 a été diffusé un témoignage de Josef Schovanec. 


Qui est Josef Schovanec ?
Ce monsieur, 33 ans à ce jour est atteint d'une forme particulière d'autisme: le syndrome d'Asperger. Malgré cette maladie, Josef est aujourd'hui docteur de l'école des hautes études et sciences sociales ainsi que chercheur en philosophie et en sciences sociales. Balèze quoi. Dans l'interview, la voix-off dit qu'il parle une dizaine de langues, chose sur laquelle la journaliste revient en lui demandant combien de langues il parle. Sa réponse est parfaite: « oh, je pense que ça n'a pas intérêt de faire de déballage ». Ai-je besoin de revenir dessus ou vous avez compris où je veux en venir ? Combien de fois avez vous entendu quelqu'un vous répondre ceci ?
J'ai fais quelques recherches sur le net, histoire de ne pas me contenter uniquement du reportage de quatre minutes sur ce monsieur. Il est donc très engagé dans la cause des autistes (normal vous allez me dire), a écrit deux livres à ce sujet: Je suis à l'Est ! et
Éloge du voyage à l’usage des autistes et de ceux qui ne le sont pas assez, participe à l'émission Les Carnets du monde sur Europe 1, bref c'est un grand monsieur. D'ailleurs, pas mal d'interviews sont disponibles sur internet pour en apprendre plus (Le Monde, France Inter etc.)


Et l'autisme ?
J'ai fais exprès de ne pas développer le sujet du syndrome d'Asperger dans la partie précédente pour pouvoir lui consacrer une partie entière. Les personnes atteintes du syndrome d'Asperger ont des difficultés avec les relations sociales ainsi que certains problèmes de comportement sauf que... ces personnes ont une mémoire de dingue et une intelligence impressionnante. On entend très bien dans la vidéo que Josef a des difficultés pour communiquer (autant pour parler que pour échanger avec les journalistes) mais malgré ça il parle d'une manière soutenue et très juste.
Il l'évoque brièvement dans le témoignage (brièvement parce qu'il faut tout caler en quatre minutes donc voilà), il a eu du mal avec ses camarades d'école. Petit il se faisait tabasser, personne ne voulait de lui et plus tard dans ses études tout le monde voulait être à coté de lui, vous vous en doutez, pour le recopier. Sympa. 
Il y a cette phrase qui m'a beaucoup touchée: « Si ils ne faisaient que se moquer c'était bien mais généralement j'étais tabassé », tellement que c'est le titre de ce billet. Voilà comment on traite les enfants différents, juste parce qu'ils sont pas pareil. Comme si c'était ce qu'ils méritaient, que c'était de leur faute si ils ne savent pas s'exprimer, sont en fauteuil, ont des retards etc.

La prise de conscience
Je me doute bien que cet article ne fera pas le tour de la Terre et ne changera pas le monde. Si j'arrive à sensibiliser déjà une dizaine de personne je serai contente de vous avoir fait réagir. Depuis que je suis petite j'ai toujours eu envie de défendre ces personnes. La société faite comme elle l'est aujourd'hui me dégoute. Est ce normal que certaines personnes soient rejetées parce qu'elles ne ressemblent pas à la majorité ? Et encore pire: est-ce normal qu'elles se fassent taper ? 
Je ne sais pas si vous vous en rendez compte, mais des enfants qui tapent d'autres enfants est une image très forte. Un enfant, c'est la pureté, l’innocence, c'est adorable. Les enfants sont des monstres entre eux, vous n'en avez pas idée. 
Si vous me demandez d'où vient le problème, je vous répondrai que c'est un manque d'ouverture d'esprit. Que ce soit les enfants, les adultes, les riches, les pauvres, les blancs, les noirs ou n'importe qui, il y a un sérieux problème sur ce plan là. S'il vous plait, regardez les gens autour de vous, sont-ils si différents que ça ?

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8 commentaires

  1. Merci pour cet article!
    L'amie dont je te parle dans mon mail a un petit frère, qui a cette forme d'autisme justement.

    Je me suis rendu compte récemment, que quand je ne m'entends pas avec les autres (ou pour être plus exacte : quand je n'ai pas envie de m'entendre avec les autres), c'est que je me mets en rivalité avec eux. Soit pour me dévaloriser, soit pour me mettre en position de supériorité.

    A mon avis, je pense que ça vient en partie du fait qu'on est tous comparés entre les uns et les autres, et depuis qu'on est petits, tout le temps. Cette rivalité existe partout, et je ne suis pas sûre qu'on s'en rende compte.
    Depuis que je fais attention à ça, je me dis qu'on est tous humains, et je me demande vraiment quel est l'intérêt de se comparer?... (attention, je dis ça, mais j'ai encore un drôle de boulot pour arrêter de juger les autres et de me comparer à eux)

    Je pense que tu as raison, ces images d'enfants qui sont violents les uns envers les autres, c'est vraiment frappant.

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    1. Merci à toi de l'avoir lu et de réagir !
      J'aimerais en savoir plus sur sa vie si ça ne te dérange pas, je te le demanderai par mail !

      C'est exact ce que tu dis: on est sans cesse comparé avec les autres. Il faut qu'il y a un meilleur et un moins bon, un premier et un second, jamais on ne se place à égalité. Je pense aussi que comme cette rivalité est instaurée dès le plus jeune age (notamment à l'école avec le système de notation même si en maternelle c'est sous forme de bonhomme contente/triste) eh bien en grandissant on la met en place tout seul parce que c'est devenu normal, naturel.
      En sois, se comparer n'est pas mauvais. Je veux dire par là qu'en réalisant que ton voisin n'est pas une copie conforme ne va pas te tuer mais plutôt te faire réfléchir, t'ouvrir les yeux et l'esprit. Pour moi ce qui est mauvais c'est le fait de dresser un classement (dire que quelqu'un est plus ... que ou moins...que plutôt que de se dire qu'il est juste pas fait pareil)

      Je viens de me rappeler qu'en maternelle il y avait un petit garçon autiste dans ma classe et j'étais amoureuse de lui.

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  2. J'ai eu l'occasion de voir un morceau de séquence de lui dans une émission, pendant la journée de sensibilisation à l'autisme, et il y faisait de l'humour très fin je n'ai pas pu résister à la partager.
    Comme beaucoup de personnes différentes, il a été mis de coté, mais je pense que malgré tout il a su rester très humain et bon envers les autres, c'est une grande force. Il pourrait maintenant mépriser une bonne partie des gens vu son statut et sa réussite personnelle. Mais non, il est juste humble et simple.
    Les enfants sont des monstres entre eux, mais je pense que ça vient aussi beaucoup des parents. Si on t'apprend jeune qu'il ne faut pas stigmatiser, qu'il faut être curieux et non pas méfiant, alors une partie du travail est déjà faite.

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    1. C'est fou oui de voir que malgré tout ce qu'on lui a infligé il reste aussi humble et respectueux envers les autres ... Si seulement tout le monde pouvait être comme lui. Je trouve qu'il fait preuve d'une force et d'une rage immenses.
      Je suis d'accord, il y a un manque d'éducation de la part des parents mais aussi l'école qui n'apprend pas la différence comme il se voit. Sans oublier les films/livres dans lesquels on croise rarement de personne en situation de handicap (sauf pour les rôle de psychopathe, sympa): il y a un manque de diversité qui bloque l'ouverture d'esprit. Enfin c'est mon avis :)

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  3. Très bel article, une belle prise de conscience !

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    1. Merci beaucoup, j'espère avoir fais réagir certains (en tout cas c'est mon but) :)

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  4. Je connais Joseph Schovanec des Carnets du Monde où, chaque samedi, il tient sa chronique. Une chronique toujours très intéressante. Quand ma mère l'a entendu la première fois elle a dit que sa façon de parler était insupportable, sans chercher à passer outre et à s'intéresser à ce qu'il dit... et pourtant quelqu'un qui a un doctorat en philosophie, est polyglotte, et a voyagé dans plusieurs pays est forcément très très trèèèès intéressant à écouter !

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    1. Je pense que je vais aller écouter un podcast de cette émission pour voir ce qu'il y dit (honte à moi de ne pas l'avoir fait dans le cadre de l'article).
      C'est dommage que ta mère ai dit ça... Il a beaucoup de choses à nous faire découvrir et à partager et je trouve ça bien qu'il apparaisse dans une chronique comme celle ci car on apprend à voir le monde à travers les yeux de quelqu'un qui justement à des petit soucis avec le monde extérieur.
      J'espère que tu as réussi à faire changer ta maman d'avis :)

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