La scolarité des enfants est-elle un décision d'adulte ?

Par 21:16


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Un titre comme celui-ci évoque deux sujets. Je voulais n'en traiter qu'un au début puis quand je me suis rendue compte qu'il y avait un double sens, j'ai réfléchis un peu puis j'ai jugé utile de parler du second aussi. Alors qui sont-ils ? Le terme à double sens dans ce titre est "décision d'adulte" et par "décision d'adulte" j'entends le fait qu'à mon avis les parents influent/poussent leurs enfants dans leur choix d'études et aussi le fait qu'on te demande de choisir des études (qui te mèneront vers un métier qu'en théorie tu exerceras toute ta vie) à seulement 16 ou 17 ans et pour moi c'est trop jeune.
Tout d'abord, une petite précision est nécessaire: étant donné que je suis en première année de licence (bac+1) j'ai dû ces trois dernières années faire des choix cruciaux dans ma vie: vers quelles études allais-je me diriger ? Ce qui fait que normalement je devrais être assez bien calée sur le sujet et c'est aussi un truc qui m'a légèrement révoltée donc j'aimerais aborder le sujet ici. Et je ne me prétends pas être la voix de la raison (loin de moi cette idée!).


Comme je viens de le dire, je sors à peine du lycée et je suis maintenant à la fac. Le lycée est une période assez importante dans la scolarité vu qu'en seconde on demande aux élèves de choisir leur filière (ES, L, S, SI, STMG, STL, bac pro, bts et j'en passe) puis en terminale on demande toujours à ces mêmes élèves de choisir leur orientation post bac; c'est à dire fac, prépa, dut etc. Ces choix sont fait respectivement à 14/15 ans et 17/18 ans. Toujours comme je l'ai dis, je trouve que c'est trop jeune. 
Alors oui, si on ne se décide pas maintenant, quand faut il le faire ? Je suppose que si je dis plus tard ce n'est pas suffisant. Puis j'ai quelques argument alors autant les dire tant qu'à faire. Non plus sérieusement, j'estime qu'à 17 ans on a rien vu de la vie. Et en ayant moi même 17 ans je peux l'affirmer: je ne connais rien de la vie. On est jeunes, on a aucune expérience professionnelle pour beaucoup, on ne sait pas ce que c'est que les galères de la vie et après on nous demande, pardon, on nous oblige à prendre des décisions qui vont influencer le chemin de notre vie entière. Je sais que le système scolaire est fait ainsi et qu'il n'est pas prêt de changer, malheureusement, mais je le trouve mal fait. On est encore des bébés au lycée. Enfin moi oui en tout cas. Je trouve ça un peu débile de nous laisser le choix entre plusieurs parcours dont on ne connait rien, parce que non désolée mais nous faire un speech de 10 min pour nous dire "la S c'est les sciences, les métiers de l'avenir" ne nous avance en rien. D'après moi, il faudrait laisser un temps assez important dans la scolarité des élèves pour leur orientation. Que ce soit pour faire des réunions constructives sur les différentes filières et possibilités d'orientation, des test de compétences et de goûts et surtout des stages et des sorties pédagogiques pour découvrir toutes les portes qui leur sont ouvertes. Le problème c'est que je ne suis pas ministre de l'éducation donc ce n'est pas moi qui décide de tout ça même si je trouve que les élèves sont laissés dans un flou total.
Aussi, j'ai dis que c'était une décision qui allait avoir des répercutions sur toute notre vie ce qui n'est pas forcément vrai: on peut très bien se réorienter. Attention, ceci reste tout de même compliqué étant donné que dans certains parcours post bac il faut des prérequis que l'on acquiert au lycée, si on ne les a pas il faut bosser plus ou faire des remises à niveau. Je ne dis pas que c'est impossible, tout est possible à partir du moment où on y met du sien, mais ce n'est pas non plus la chose la plus aisée. Et pour ceux qui se rendent compte que leur orientation ne leur plaise pas, c'est une année ou un semestre de perdu dans des études qui ne les intéresse pas, ce qui est dommage même si ça leur aura servit à se rendre compte que justement, ce n'est pas pour eux.
Du coup, je considère la question de l'orientation comme un choix d'adulte, car il faut être assez mature, savoir prendre suffisamment de recul et beaucoup réfléchir avant de se décider. Enfin c'est le cas dans notre système scolaire. Si on prenait un peu plus de temps sur les heures de cours pour aider les jeunes à s'orienter et qu'on attendait deux ans de plus pour leur laisser faire leur choix là je ne serai plus de cet avis, mais malheureusement ce n'est pas le cas.


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Maintenant passons au deuxième aspect qu'évoque ce titre. J'ai l'impression (ici encore c'est un constat personnel, je ne généralise pas) que beaucoup d'adultes influent sur l'orientation des enfants. Il n'y a pas que les parents, il y a aussi les professeurs qui poussent tel ou tel élève à aller dans telle ou telle école parce que ce serait mieux pour lui. C'est mon cas. Attention racontage de vie. L'année dernière en début de terminale je voulais faire une classe préparatoire physique chime sciences de l'ingénieur (PCSI pour les intimes) puis quand la prépa a fait sa journée porte ouverte j'y suis allée et là sacrilège: ça ne m'a pas plu. A la bas, je voulais aller en PCSI pour faire de la chimie et 4h de chimie par semaine pour 8h de maths, 8h de physique plus du français et de l'eps qui sont des matières que je déteste c'était pas le mieux. A la fac de chimie, il y a autant de chimie que de maths et de physique et aussi pas de français ni d'eps et le programme est le même. Seuls petits détails: une licence dure 3 ans et une prépa 2 et surtout la fac est mal vue. Au moment du conseil de classe du deuxième semestre, on devait présenter nos voeux d'orientation devant tous les membres du conseil. Quand j'ai dis que je voulais aller à la fac et que j'ai expliqué pourquoi en disant que la prépa ne me plaisait pas etc. mes profs ont insisté pour que je n'aille pas à la fac mais bien en PCSI. Même un parent d'élève délégué m'a dit que la fac c'était nul et la prépa c'était trop bien blablabla puis vu mes notes il faut que j'aille en prépa. IL FAUT QUE. Non. Déjà il faut que vous arrétiez de regarder les notes parce que ce ne sont pas elles qui vont vous dire mes goûts et mon ressenti et il faut que vous acceptiez que ce n'est pas à vous de prendre cette décision mais bien aux élèves. Oui, les professeurs sont là pour conseiller, aider mais pas pour nous décider à notre place. Finalement, il y a eu qu'un prof qui était d'accord avec mon choix, on était deux contre le reste de la salle et ils ont continué a insister pour que j'inscrive une prépa dans mes voeux sur admission post bac. Et vous savez quoi ? Je ne l'ai pas fait. Je suis allé à la fac et je ne les ai pas écoutés et croyez moi j'ai bien fait! Je ne regrette absolument pas mon choix. (PS: on peut passer en école d'ingénieur après une licence, oui. Et la sélection se fait sur dossier et non sur concours. BIM)
Tout ceci pour dire que certaines fois les profs sont trop intrusifs et se contentent uniquement de regarder les notes alors qu'ils ne nous connaissent même pas. Ils ne savent pas de quoi on est réellement capables et surtout ils ne savent pas ce que l'on aime.
Le cas des parents qui influent leurs enfants et quant à lui un peu plus délicat vu que les parents eux connaissent leur enfants (en même temps, ça va de sois). Des fois des parents poussent leurs enfants à aller dans une filière ou dans une école que eux ont choisis parce qu’ils estiment que c'est mieux. Je pense vraiment que la personne la mieux placée pour ce genre de décision est le principal concerné, non ? Cas encore plus délicat: les parents qui me disent "moi je force mon fils à bien travailler à l'école pour qu'il ai un beau métier". Premièrement, la beauté est subjective, chacun la voit à sa façon. Pour moi le plus beau métier du monde c'est celui dans lequel on est épanoui et pour lequel on est content de se lever le matin. Certains jugeront un job nul tandis que d'autres l'adoreront. Chacun son truc. Ensuite, les grandes études ne mènent pas forcément à de "grands métiers". Et finalement, c'est pas en forçant un enfant qu'il va d'un coup d'un seul devenir bon à l'école. Puis je trouve que c'est aussi une bonne manière de les dégouter de l'école.

L'idée de cet article me vient de celui d'Alicia Peach (ici) qui m'a bien fait réagir et m'a donné envie de m'exprimer sur le sujet.
J'espère ne pas avoir été trop longue, désolée.
Ah et si toi aussi tu es ou a été dans ce cas ou que tu veux partager ton avis, dis moi tout ça dans un commentaire!
Poutous poutous. ♥
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14 commentaires

  1. Je suis plutôt d'accord avec toi dans l'ensemble.
    Pour ma part j'ai eu de la chance, car j'ai su tôt ce que je voulais faire... Mais j'aime l'idée de pouvoir faire des stages, quelque chose de concret!

    Comme je t'ai raconté dans un autre commentaire, je recommence à avoir envie d'apprendre car j'ai un but concret. Je peux remettre les choses que j'apprends dans un vrai contexte. Et comme tu le dis dans ton article, ça me paraît tellement plus logique de pouvoir faire la même chose, pour décider d'un métier qu'on est censé pratiquer toute sa vie.

    Je te souhaite de pouvoir faire quelque chose qui te plaît surtout :-)

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    1. C'est pareil pour moi, je savais vers quoi je voulais me diriger mais je vois plein de gens autour de moi qui sont dans le flou et je me dis qu'il y a quelque chose qui cloche parce que pour moi à l'école ils sont censés nous aider à trouver une orientation.
      C'est bon d'avoir envie d'apprendre, enfin c'est ce qu'il faut. Puis maintenant que tu as vu un peu ce que c'était que la vie tu dois vraiment te dire "ah ça, ça va me servir à ça" alors que quand t'as passé ta vie assis sur une chaise dans une salle de classe c'est pas concret, tu sais pas pourquoi tu fais ça et tu ne t'y intéresses plus...
      J'ai trouvé ce qu'il me plait ahah! Je te le souhaite à toi aussi :)

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  2. C'est exactement ça, je suis complètement d'accord avec toi.
    Merci!! :-)

    Je suis curieuse de savoir ce que tu as trouvé qui te plaît? :D
    Si ce n'est pas indiscret bien sûr!

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    1. Merci :)
      Ahah non ce n'est pas indiscret!
      Je vais finir ma L1 (licence première année) de chimie, c'est à dire finir l'année scolaire et à la rentrée je vais en licence de maths mais pendant le premier semestre je vais faire des cours de L2 parce que le premier semestre de maths est similaire à celui de chimie et j'ai validé celui de chimie donc pas besoin de refaire ! (en gros je redouble à demi :p)
      Et toi tu fais quoi dans la vie ?

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  3. Vu mon niveau de maths je suis admirative :D
    Quels débouchés auras tu ensuite?

    Pour ma part je suis musicienne (musique classique) dans un orchestre professionnel, et je peux en vivre.
    En fait c'est un rêve réalisé quoi :-)

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    1. J'aimerais bien travailler dans un labo (de maths, oui oui) à faire de la recherche ou modéliser des situations avec les outils mathématiques à ma disposition et pourquoi pas enseignant chercheur :)
      Wahou ! Je suis impressionnée que tu puisse vivre de la musique, j'ai beaucoup entendu dire que la musique et le spectacle sont des milieux dans lesquels il est assez difficile d'avoir un bon salaire ou du moins de quoi vivre sans rien faire d'autre à coté. Chapeau pour ce joli rêve !

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  4. Merci!!

    Oui, je pense que j'ai beaucoup de chance :-)
    Même si ça reste précaire, parce qu'on a besoin d'être subventionné par l'Etat (qui n'a pas vraiment l'air d'attacher beaucoup d'importance à la culture, mais ce n'est que mon avis, qui est peut-être faux) je connais beaucoup de gens qui galèrent.
    Alors j'essaye de profiter au maximum de ce que ça m'apporte!!

    Je ne connais pas du tout le domaine dans lequel tu te lances, mais je te souhaite de pouvoir t'y développer comme tu veux surtout :-)
    Et je suis curieuse d'en lire plus du coup!

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    1. Ah l'Etat ... Cette antité n'a absolument pas le sens des priorités, c'est tellement mieux de payer des footballeurs des millions et de ne pas créer d’accès suffisant à la culture.
      Profite oui! Tu fais des déplacements avec ton orchestre ?

      Merci :) Je sais pas si j'écrirai dessus, j'ai peur que ce soit chiant et d'endormir tout le monde :p

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  5. Ahaha, le salaire des footballeurs fait partie des choses que je ne comprends pas (et que je n'ai pas très envie de comprendre, je le reconnais)

    Ca nous arrive de faire de gros déplacements hors de la banlieue parisienne (là où on joue habituellement), mais c'est assez rare (c'est pareil, il faut avoir les moyens...)
    Je reconnais que je préfère ; par rapport à d'autres orchestres qui jouent beaucoup dans d'autres pays par exemple, pour ma part j'aime bien pouvoir rentrer chez moi le soir :-)
    mais j'aurais fait avec, si on bougeait beaucoup!

    Bah si tu écris dessus un jour, je te lirai avec plaisir :-)

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    1. Une fois à la radio j'ai entendu qu'il fallait pas qu'on se plaigne de leur salaires parce que si leurs salaire étaient plus bas on payerait plus d'impos ou de je sais pas. Je ne sais plus pourquoi mais franchement je trouve ça illogique.
      Tu m'étonnes, c'est trop cool de pouvoir retrouver sa petite maison le soir ! Mais toute la journée tu joues ? (je suis fascinée par les métiers d'artiste)
      Ahah merci :)

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  6. Je suis curieuse du coup. Ca ne m'intéresse pas suffisamment pour aller me renseigner, mais je me demande le rapport avec les impôts.

    Quand on débute un programme à l'orchestre, on a des répétitions avec tout l'orchestre, pour travailler ledit programme ; ensuite les concerts suivent. Et à côté de ça, effectivement, il faut travailler pour soi, pour se maintenir à niveau (en tout cas, c'est mieux) :-)

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    1. Vas savoir ...
      Wahou ! Franchement ça doit être des heures et des heures de répétition, tu as bien du courage !

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  7. je pense que la plus grande honnêteté de l'ensemble du corps enseignant serait de dire aux jeunes que tout au long de leur vie , ils vont devoir affronter les changements de société d'où s'en découlent les changements de vie professionnelle !! à part , eux qui bossent dans l'enseignement qui peut dire qu'il fera le même boulot dans 10 , 20 ou 30 ans ? personne !!!! je l'affirme haut et fort ! je me base sur quoi ? l'expérience des ainés , les 30 glorieuses sont mortes et enterrées depuis longtemps , ceux qui ont mon âge ( 50 et + ) ainsi que le générations qui me succède avons pour beaucoup connu, soit le chômage, soit le changement de situation professionnelle . je conseille à tout nos jeunes une grande souplesse et un grand sens de l'adaptation. un bon niveau de culture général est un plus qui pourra vous faire avancer dans la vie , vos profs devraient regarder la réalité en face et sortir de temps à autres de leurs bureaux , j'ai commencé à bosser à 16 ans, on pouvait ...et je n'aimais pas les études , j'ai changé de boulots plus d'une fois , ça m'a permis d'avoir des compétences diverses, il ne faut pas avoir peur du changement ,il est, en bien des points, bénéfique ! courage à vous tous et ne douter pas de vos capacités, dites vous que vous avez un potentiel et soyez confiants en vous !

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    1. Merci pour ce commentaire remoralisant !
      D'ailleurs je ne sais pas quoi répondre parce que je suis tout à fait d'accord avec tes propos alors je n'ai rien a ajouter.
      Heureusement que l'on peut se baser sur l'expérience des ainés et leur savoir parce qu'il y a bien des choses que eux nous apportent et pas l'école.
      J'aurais attendu de l'école qu'elle nous apprenne ce que c'est que la vie, malheureusement le système scolaire n'est pas ainsi fait...

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